« G?n?ration FLNC », histoire d’une triple influence LE MONDE | 25.03.04 | 14h49 • MIS A JOUR LE 25.03.04 | 16h01 Documentaire On en parle d?j? comme d’un film de famille. Lors de sa diffusion, en mars 2003, sur Arte, G?n?ration FLNC, de Gilles Perez et Samuel Lajus, s’?tait taill? un joli succ?s d’estime dans la mouvance nationaliste corse, o? l’on regarde pourtant toujours avec m?fiance celui qui s’int?resse trop ? la famille, surtout s’il est un pinzutu – un non-Corse ? « l’accent pointu ». Pr?s de trente ans apr?s la cr?ation du Front de lib?ration national de la Corse (FLNC), les nationalistes tiennent avec ce documentaire de deux heures trente le film de leur histoire. Une geste qu’ils revivent avec nostalgie, au moment o? leur mouvement s’effrite tr?s s?rieusement dans les urnes. C’est l’une des premi?res fois, en effet, que leur saga est ?crite dans sa longueur, par des auteurs ext?rieurs ? cette histoire. Depuis 1996, plusieurs ex-figures clandestines ou militantes, de Pierrot Poggioli ? Marie-H?l?ne Mattei en passant par Jean-Michel Rossi, avaient pris la plume, ? la premi?re personne. Les r?cits restaient partiels et partiaux. Gilles Perez a gagn? la confiance de ces pionniers, aujourd’hui quinquag?naires, ? la diff?rence de la plupart des journalistes qui, lorsqu’ils s’int?ressent au nationalisme corse, se contentent de sources polici?res. Le film montre bien la triple influence qui a pes? sur cette g?n?ration : l’Alg?rie, les r?volutions marxistes-l?ninistes, les mouvements d’extr?me droite. Le « FLN », comme l’appellent ses militants, est port? sur les fonts baptismaux, le 5 mai 1976, par une nuit bleue, comme celle qui marqua, le 1er novembre 1954, le d?but de la guerre d’Alg?rie. « Nous imaginions que nous serions de nouveaux fils de la Toussaint », se souvient Mathieu Filidori. En mai 1977, deux ans apr?s l’occupation d’une cave viticole ? Aleria, v?ritable acte fondateur du nationalisme corse, le FLNC diffuse en guise de programme un « petit livre vert » inspir? de celui, rouge, de Mao. Dans les facult?s d’Aix et de Nice, le nationalisme insulaire recrute de futurs militants – Fran?ois Santoni, Alain Orsoni – aux antipodes du mouvement gauchiste. Gilles Perez et Samuel Lajus envisagent d’?crire la suite de l’histoire du nationalisme corse, entre 1999 et 2004 – jusqu’? la chute de la « maison Charles Pieri ». Au moment o? les enqu?teurs de la brigade financi?re mettent au jour le syst?me de racket du chef nationaliste bastiais, quelques t?moignages in?dits ? la t?l?vision, regroup?s dans trente minutes de bonus, rappellent que la pratique n’?tait qu’un secret de polichinelle. Un des chefs du FLNC, Alain Orsoni, raconte ainsi comment le Club M?diterran?e, qui, au d?part, ?tait « interdit aux Corses », est contraint de payer l’ »imp?t r?volutionnaire ». Le DVD propose aussi un diaporama des affiches du mouvement nationaliste. Ariane Chemin G?n?ration FLNC, de Gilles Perez et Samuel Lajus. (2 h 30.) 1 DVD, Arte vid?o. • ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 26.03